Autre-Monde : Ambre (Maxime Chattam)

Cher visiteur, chère visiteuse,

Moi qui n’avais pas ouvert un livre de Maxime Chattam depuis des années, je n’ai pas été déçue avec Ambre, le préquel de la saga Autre-Monde sorti en mai dernier !

Carson Mills, dans le Kansas. Ambre Caldero est lycéenne. Elle vit dans un mobil-home défraîchi, avec sa mère souvent absente et son beau-père doté d’un sérieux penchant pour l’alcool, qui ne vit que pour le bowling et ne rate pas une occasion de frapper sa mère. L’adolescente déteste son âge car son corps la trahit – sa poitrine qui se forme, ses règles – elle qui aurait souhaité ne jamais quitter l’enfance et les doux rêves qui vont avec. Très jolie et brillante, elle suscite la jalousie des autres filles du lycée. Elle aimerait tant partir loin, très loin de cette « ville pourrie ». C’est dans les livres qu’elle trouve refuge : grâce à eux, elle peut se rendre dans d’autres univers, d’autres mondes. Lorsque deux personnes disparaissent – une élève de son lycée et un homme qui vit dans la rue – elle pense qu’il existe un lien entre ces disparitions et entreprend d’en savoir plus. C’est là que tout bascule. Elle réveille quelque chose qu’il ne fallait pas réveiller. Et cette chose décide de la traquer.

Magnifique

Même dans la terreur, Maxime Chattam laisse transparaître une sorte de poésie. De la poésie dans la folie. Loin de moi l’idée de comparer ces auteurs, mais en le lisant, je vois cette maîtrise que j’ai si souvent rencontrée auparavant dans les œuvres de Stephen King – considéré comme le maître du suspense et de l’horreur – dont je reste une fan incontestée (même si je n’ai pas lu un de ses livres depuis des lustres).

Suspense et angoisse

J’ai littéralement dévoré ce livre. Maxime Chattam fait preuve de virtuosité. Son écriture est fluide, son style entêtant. Le suspense et l’angoisse sont habilement amenés et je peux vous dire qu’en lisant cette histoire le soir, j’ai eu des moments de flip ! L’auteur va crescendo dans la terreur tout en baladant le lecteur qui, à cause des incertitudes d’Ambre et de son imagination fertile, se demande si la créature existe bel et bien. Il joue d’ambiguïté sur tous les fronts : sur la créature, qui n’est ni humaine, ni animale ; sur l’attitude malsaine du beau-père d’Ambre qui tente parfois la sympathie, pour ensuite se montrer encore plus mauvais, voire pervers ; sur les choses qu’Ambre voit : est-ce l’ombre d’un arbre ou celle d’un être humain ?

On éprouve de la compassion pour la jeune fille. L’auteur insiste sur la solitude, la tristesse et le désespoir d’Ambre qui, face à l’agitation de son existence – la violence de sa vie familiale, la précarité, l’adolescence, et la créature qui la traque – ne peut compter que sur elle-même. Sentiments qui renforcent l’angoisse autour de son personnage. Il insiste également sur la lecture, seul moyen pour elle de fuir la réalité, mais aussi espoir pour l’avenir.

Maxime Chattam aborde, avec précision, la violence conjugale ; la pression psychologique, l’emprise qu’exerce le beau-père sur la mère d’Ambre qui, même lorsqu’elle est à la maison, demeure distante. Vide.

Aucune longueur, pas de temps mort, ce livre est juste excellent.

Maxime Chattam et l’Unicef

 

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Photo du site Unicef France

Maxime Chattam a écrit Ambre pour soutenir l’action de l’Unicef auprès du Livre de poche. Touché, en tant que père, par la cause et les missions de cette organisation qui œuvre pour la santé, l’éducation et la protection des enfants, il a décidé d’apporter sa contribution en faisant ce qu’il fait de mieux : écrire. Ainsi, tous les bénéfices de ce livre iront à l’Unicef afin de permettre aux 124 millions d’enfants non scolarisés dans le monde d’accéder à un avenir meilleur. Belle initiative.

A la fin du livre, Maxime Chattam explique justement sa motivation et son engagement pour l’Unicef. S’il est revenu vers le personnage d’Ambre, c’est pour aborder, à travers lui, les problèmes propres à l’enfance, tout en évoquant la notion de fuite vers un ailleurs heureux. Pour reprendre ses mots : « Parce que, d’une certaine manière, cette jeune fille existe vraiment. Là-dehors, dans le monde, elles sont nombreuses. »

 

[Couverture : site Babelio]

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