L’étrange vie de Nobody Owens, de Neil Gaiman : puissant

Bonjour à tous,

En terme de livres, on a souvent tendance à vouloir acheter les nouveautés, alors que les livres plus « vieux » valent aussi le coup ! Sorti en 2008, L’étrange vie de Nobody Owens est une merveille qui a remporté plusieurs récompenses, dont la Médaille Newbery 2009. Je vous en parle !

Sans savoir que l’assassin de ses parents le recherche, un petit garçon s’échappe de chez lui et se retrouve dans le cimetière à proximité. Là, il sera adopté par les Owens, un couple de fantômes, et aura pour tuteur, Silas, un être ni vivant, ni mort, qui lui apportera chaque jour de quoi se nourrir et le protégera. Ne connaissant pas le prénom de l’enfant, ils ont décidé de l’appeler Nobody (ce qui, en anglais, signifie « personne ») Owens. A l’intérieur du cimetière, Bod est en sécurité, mais plus il grandit, plus il désire découvrir son monde, celui des vivants. Or, celui qui a tué sa famille veut finir ce qu’il a commencé…

  • Suspense dès le début

Dès la première page, on est dans le suspense et l’angoisse : Bod est recherché par l’assassin de ses parents et de sa grande soeur. Réveillé par un bruit, il sortira de son berceau et se retrouvera dehors. Ses pas le guideront dans le cimetière proche. Moment fort lorsque le spectre de sa mère y arrive à son tour et implore les Owens de le protéger. Le suspense sera très présent pendant tout le livre.

  • Oui, bon…

Il y a une chose qui m’a laissée perplexe : le gamin de 18 mois réussit à se rendre au cimetière tout seul, la nuit, et trouve des gens pour le protéger… j’ai trouvé ça un peu facile, mais bon, on est dans le fantastique après tout ! A part cela, l’intrigue est vraiment prenante et j’avais toujours envie de connaître la suite.

  • Le mystère qui entoure l’assassin

Dès le départ, on comprend que le Jack n’est pas un « vulgaire » assassin : sa description et les informations qu’on a sur lui (« … et ses gants de cuir noir taillés dans l’agneau le plus fin. ») démontrent une certaine élégance. Le personnage fait froid dans le dos, il est capable de « sentir » l’enfant, du coup on se demande parfois s’il est humain. Au 3/4 du livre, le mystère est toujours présent : pourquoi en veut-il autant à Bod ? Qui est-il réellement ? L’auteur parvient très bien à nous tenir en haleine.

  • La relation entre Nobody et Silas

Un lien profond unit Nobody à Silas, son tuteur. Ce dernier est pour le garçon un père, un conseiller, un ange gardien… il représente la sagesse et la force. Mais, autour de Silas, il y a aussi un grand mystère. S’il est ni vivant, ni mort, qu’est-il exactement ? Et pourquoi s’absente-t-il parfois pendant des semaines ? Mais, il a promis de protéger l’enfant et il le fait. Même lorsque Bod, en grandissant, lui désobéit et s’attire des ennuis, Silas n’est pas loin. Leur relation est très touchante.

  • La relation entre Nobody et les Owens

Les Owens, qui n’ont jamais eu d’enfant, aiment profondément Nobody qui dort auprès d’eux, dans leur tombe.

  • Un univers fascinant

Neil Gaiman a créé un univers riche et fascinant. A l’intérieur du cimetière, il y a les morts, bien sûr, au contact desquels Bod apprendra beaucoup, mais également des portes qui mènent à des créatures qu’il vaut mieux éviter…

  • Les « habitants » du cimetière

Les morts sont devenus une seconde famille pour Nobody, tout le monde le connaît ou a entendu parler de « l’enfant vivant ». Ils lui racontent des anecdotes, lui apprennent des choses… Ils le considèrent comme l’un des leurs. Il deviendra ami avec Liza, une sorcière brûlée vive, qui lui sera parfois d’un grand secours.

  • Les pouvoirs de Nobody 

Nobody n’est pas seulement capable de voir et d’entendre les morts, il peut également voir dans le noir et se rendre invisible aux yeux des vivants. Il se verra enseigner certaines techniques, l’Effacement et l’Effroi notamment, qui lui seront souvent bien utiles. Les passages où il utilise ses pouvoirs sont très efficaces, pleins de suspense.

  • Les péripéties de Nobody

Si Nobody est généralement un enfant obéissant, il est surtout très curieux. Et cette curiosité l’emportera toujours et lui vaudra des ennuis. Malgré les mises en garde de son entourage, il se retrouvera notamment chez les goules – ce qui nous offrira un passage captivant – où il regretta amèrement d’avoir désobéi.

  • Le face-à-face avec le Jack

Le moment tant attendu. Palpitant, angoissant. Je n’en dirai pas plus.

  • Un final déchirant

Les dernières pages m’ont remuée. La fin est à la fois déchirante et porteuse d’espoir, car Bod quitte un monde pour un autre monde.

En résumé : un livre puissant et profond, qui mêle fantastique, angoisse, suspense et tendresse.

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Neil Gaiman (photo Le Point POP)

L’ETRANGE VIE DE NOBODY OWENS, de Neil Gaiman

Editions Albin Michel, 2009

310 pages

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